Un rapport gouvernemental soumet l’idée d’une taxe verte pour les livraisons de colis

Il faut sensibiliser les consommateurs aux conséquences climatiques de la livraison de colis, explique l’institution France Stratégie. Celle-ci a récemment publié un rapport traitant de l’écologie et plus spécifiquement centré sur les transports et mobilités de demain. Le texte épingle les achats en ligne et la livraison à domicile, une pratique qui a explosé avec la crise du COVID-19. Face aux problèmes écologiques amenés par ce phénomène, l’institution déblaye quelques pistes et évoque notamment l’idée de taxer les livraisons.

Image : Pixabay.

Cette taxe consisterait à faire obligatoirement payer chaque livraison à un tarif incluant son impact environnemental, notamment en matière d’émission de CO2. L’objectif serait de responsabiliser les acheteurs et de les inviter à faire preuve de plus de modération.

Pour les auteurs du rapport, il faut se battre contre le concept de livraison gratuite. Cela passerait par exemple par un bilan CO2 détaillé sur chaque facture, tout en indiquant au client le prix réel du service. Cette pratique, obligatoire pour chaque revendeur permettrait de rompre avec « l’illusion de gratuité » créée par les grandes plateformes.

Les livraisons « express », où le colis est livré quelques heures après commande, sont elles aussi critiquées. S’il n’est pas question de les enlever, elles devraient faire l’objet d’une surtaxe selon les auteurs. « C’est quelque chose qui pèse énormément, car quand on demande un délai de livraison très court, les camionnettes circulent très peu remplies pour pouvoir respecter les délais » explique la co-directrice du rapport Régine Brehier à France Inter. Le rapport recommande de ne plus laisser ces livraisons ultra-rapide comme choix par défaut et de les faire payer plus cher aux consommateurs. D’autres impacts négatifs sont également relevés :

Les livraisons instantanées exercent une forte pression sur la livraison, et ont un impact important en matière d’émissions de CO2, d’usage de l’espace public et même, comme le soulignent les travaux de Lætitia Dablanc, de condition sociale de la livraison.

Si ces idées sont intéressantes, quelques obstacles se posent comme la difficulté de facturer avec précision le coût écologique d’un colis qui vient de l’étranger et qui a pu transiter en avion et en bateau. Pour que la mesure fonctionne sur le long terme, Régine Brehier demande également à ce que la règle s’applique à tout le monde. « On ne peut pas imaginer un vendeur qui prenne l’initiative de le faire tout seul », explique-t-elle.

Il reste donc du travail pour bien faire comprendre aux clients les coûts écologiques des livraisons. Selon le rapport, le respect de l’environnement est le dernier critère qui intéresse le consommateur, derrière la livraison gratuite et le lieu de dépôt (domicile, point relais, etc). 34 % des acheteurs en ligne se disent prêt à payer plus pour une livraison plus verte.

Laisser un commentaire